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Visite Virtuelle d’un Logement des Années 1960 par l’Entreprise Sociale pour l’Habitat EFIDIS




Officiellement, personne n’aime des logements des années 1960. Ces logements concentreraient tous les maux imaginables : insalubrité, dangerosité, manque d’isolations sonore et thermique, douches et lits trop petits et mauvais éclairage, pour ne citer que les plus connus.  Ce mauvais procès est d’ailleurs injuste : ceux –ci sont souvent de bien meilleure qualité que l’Haussmannien. Malgré ces assertions sur le logement type des années 1960, EFIDIS, Entreprise Sociale pour l’Habitat et filiale de la Caisse des Dépôts, propose de voir l’intérieur de l’un d’entre eux.

On aurait pu croire que cette visite chercherait à mettre en évidence les mauvaises conditions de vie dans la résidence des Bleuets à Créteil et les défauts des bâtiments. Au contraire EFIDIS met en valeur le travail et les trouvailles de l’architecte Paul Brossard, comme sa cuisine « américaine » ou les espaces de rangements internes en bois. Manifestement, l’œuvre architectural de Paul Brossard est de qualité.

La résidence des Bleuets est l’un des exemples les plus réussis de l’architecture brutaliste française et a été à ce titre protégée partiellement par l’Etat. L’ensemble a été classé édifice remarquable, avec le label « Patrimoine du XXème siècle ». Même son parc mérite le détour : la présence d’espaces verts aménagés a été pensée pour faire de la résidence un endroit de promenades.

Les images de l’appartement  ont été prises pour laisser une trace du passé de la résidence avant sa rénovation. Celle-ci, commencée en 2011 est estampillée ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine) et bénéficie donc d’une dotation conséquente, 50 millions d’euros, pour 600 logements. L’ANRU a été crée en 2003 avec pour objectif d’améliorer l’habitat dans de très nombreux quartiers, avec un budget sur 10 ans de 40 milliards d’euros. Les images les plus spectaculaires de ces « améliorations » ont été les dynamitages de tours, mais l’ANRU fait aussi de la réhabilitation de sites, comme ici, et de la résidentialisation.

La visite de l’appartement que propose EFIDIS est très rapide, même si elle est bien faite. En 6 images et une dizaine de vignettes d’explications, on a fait un tour, certes charmant mais qui laisse un peu sur sa faim. Si l’habitation était si bien conçue, pourquoi la rénove-t-on ? Il aurait été intéressant d’avoir aussi les défauts et les changements que va apporter la rénovation.

Le parti pris de présenter l’appartement sous ce jour positif participe évidemment à la stratégie de communication grand public de l’ANRU et d’EFIDIS. L’ANRU a été critiquée pour sa volonté de démolir des bâtiments à tout prix, malgré leur valeur architectural et les résistances des résidents. En appuyant une démarche tournée vers la mise en valeur d’un bâtiment, l’information du grand public, et l’interaction avec les habitants, l’ANRU espère certainement redorer en partie son image.

Aujourd’hui, le quartier a déjà subi deux années de rénovation urbaine. Certains habitants ont dû partir, d’autres ont pu revenir, certains bâtiments sont vides et d’autres sont en rénovation. Le calendrier courant jusqu’en 2015, seule une petite partie du parc a été effectivement rénovée.

La visite interactive proposée par EFIDIS a le mérite de ne pas faire oublier aux habitants ce qu’ils ont laissé derrière eux et de fournir des images d’archives accessibles. On peut espérer, comme Paul Brossard, que les nouveaux bâtiments, comme les anciens, «  respireront la santé » !




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