Sabine Barles, une perspective nouvelle pour penser la ville aujourd’hui
En 2025, le Grand Prix de l’urbanisme a été attribué à Sabine Barles, professeure d’urbanisme et d’aménagement à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Cette distinction vient saluer un parcours singulier et une pensée qui a profondément renouvelé notre manière de comprendre la ville.
Loin des approches uniquement architecturales ou réglementaires, Sabine Barles s’intéresse à ce qui circule, s’accumule et se transforme dans l’espace urbain. Elle propose une lecture de la ville comme un organisme vivant, traversé par des flux matériels et énergétiques.
Au cœur de ses travaux se trouve le concept de métabolisme urbain. Cette notion invite à analyser la ville à travers les échanges de matières et d’énergie qui la traversent au quotidien. Eau, déchets, sols, alimentation, énergie, transports : tout ce qui permet à la ville de fonctionner devient un objet d’étude à part entière. Cette approche déplace le regard. Elle rappelle que la ville n’est pas seulement un décor ou un cadre de vie, mais un système complexe, étroitement lié à son environnement et aux ressources qu’elle mobilise.
Dans un contexte de crise climatique et de tensions sur les ressources, cette manière de penser l’urbanisme prend une résonance particulière. Elle met en lumière des dimensions souvent invisibles du quotidien urbain et invite à interroger les choix d’aménagement à long terme, bien au-delà de la seule organisation des espaces bâtis.
Du métabolisme urbain à la ville de demain
L’un des apports majeurs de Sabine Barles est de montrer que l’urbanisme ne peut plus se limiter aux frontières administratives traditionnelles. Les flux de matières et d’énergie ignorent les découpages institutionnels. Penser la ville implique donc d’élargir l’échelle, de considérer les territoires périphériques, les réseaux et les infrastructures qui rendent possible la vie urbaine. Cette vision encourage une approche plus systémique, capable de mieux articuler ville, environnement et société.
Ses travaux soulignent également l’importance de replacer les questions techniques au cœur du débat public. La gestion des déchets, le traitement de l’eau, l’artificialisation des sols ou la dépendance énergétique ne sont pas des sujets secondaires. Ils conditionnent directement la qualité de vie urbaine et la capacité des villes à s’adapter aux transformations à venir. En ce sens, l’urbanisme devient un outil de transition, autant écologique que sociale.
L’attribution du Grand Prix de l’urbanisme à Sabine Barles marque une reconnaissance forte de cette approche exigeante et transversale. Elle rappelle que penser la ville aujourd’hui, ce n’est pas seulement imaginer de nouveaux quartiers ou dessiner des bâtiments innovants. C’est aussi comprendre les logiques matérielles qui soutiennent le quotidien urbain et en mesurer les impacts.
Evoquer Sabine Barles, c’est ouvrir une réflexion plus large sur notre manière d’habiter les villes. C’est inviter à regarder derrière les façades, à s’intéresser à l’envers du décor urbain et à envisager des formes de développement plus sobres, plus conscientes et plus durables. Une vision de la ville moins spectaculaire peut-être, mais essentielle pour penser l’urbanité de demain.
Photos : construction21.org










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