Débrancher le parking pour rebrancher la ville
C’est un slogan que l’on entend partout dès qu’un projet de piétonnisation, de réduction des places de stationnement ou de réaménagement urbain est évoqué : « No parking, no business ». Derrière cette formule choc se cache une idée simple — moins de voitures, c’est moins de clients — mais surtout un raisonnement de plus en plus contesté par les faits. À l’heure où les centres-villes cherchent à se réinventer face aux défis climatiques, sociaux et économiques, ce mythe mérite d’être sérieusement déconstruit.
La voiture, faux ami du commerce de proximité
Historiquement, l’association entre voiture et commerce s’est imposée dans les décennies d’après-guerre, avec l’essor de l’automobile et des zones commerciales périphériques. Le stationnement est alors devenu un symbole d’accessibilité et de modernité. Pourtant, cette logique a progressivement contribué à l’asphyxie des centres-villes : congestion, pollution, bruit, espaces publics dégradés et concurrence frontale avec les grandes surfaces. Paradoxalement, vouloir « sauver » le commerce en favorisant la voiture a souvent participé à sa fragilisation.
Les études récentes montrent un décalage frappant entre la perception des commerçants et les pratiques réelles des clients. Dans de nombreux centres urbains, la majorité des clients viennent à pied, à vélo ou en transports en commun. Ceux qui se déplacent sans automobile fréquentent souvent les commerces plus régulièrement, compensant des paniers moyens parfois plus faibles par une fréquence de visite plus élevée. Le chiffre d’affaires global, lui, ne s’effondre pas — et peut même progresser.
Des centres-villes plus vivants quand la voiture recule
Les villes ayant fait le choix de réduire la place de la voiture en centre-ville offrent des enseignements précieux. Piétonnisation, élargissement des trottoirs, pistes cyclables et espaces végétalisés transforment l’expérience urbaine. Les rues deviennent des lieux de vie plutôt que de simples axes de circulation. Résultat : les passants restent plus longtemps, flânent, consomment autrement. Les terrasses se remplissent, les vitrines gagnent en visibilité, et l’attractivité globale du centre s’améliore.
Cela ne signifie pas que l’accessibilité doit être sacrifiée. Elle doit être repensée. Parkings relais en périphérie, transports en commun fiables, logistique urbaine mieux organisée, solutions pour les personnes à mobilité réduite : autant de leviers pour concilier activité économique et qualité de vie. L’enjeu n’est pas l’absence totale de stationnement, mais la fin de sa domination exclusive sur l’espace public.
Le slogan « No parking, no business » simplifie à l’extrême une réalité bien plus complexe. Il reflète surtout une peur du changement, nourrie par des décennies de dépendance à la voiture. Or, les centres-villes qui fonctionnent le mieux aujourd’hui sont ceux qui ont compris que le commerce prospère là où il fait bon vivre, marcher et se rencontrer.
Déconstruire ce mythe, ce n’est pas opposer commerçants et urbanistes, mais ouvrir un dialogue fondé sur les usages réels, les données et une vision durable de la ville.
Photos : caradisiac.com – rue-avenir.ch/











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