énergie france éolienne

Vers la démocratisation des éoliennes domestiques




Longtemps considérées comme une fausse bonne idée, les éoliennes domestiques se font petit à petit une place sur le marché de l’énergie grâce à des produits repensés.

Les éoliennes sont depuis longtemps valorisées comme source d’énergie alternative, mais on cependant souffert de certaines critiques, notamment à cause de leur manque d’esthétique et de leur production irrégulière d’énergie.

L’année dernière en France, une enquête de Que Choisir sur les éoliennes domestiques ainsi qu’un rapport de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dénonçaient les mauvaises pratiques commerciales du secteur. Elle indiquait que la technicité des dispositifs n’était, dans l’ensemble, pas maitrisée par les professionnels contrôlés et que de nombreuses entreprises induisaient les consommateurs en erreur sur les économies d’énergies réalisées.

En effet, des entreprises proposaient des éoliennes posées en pignon ou sur le toit des maisons, or les experts confirment qu’il faut nécessairement qu’une éolienne soit placée sur un terrain dégagé à une distance importante du sol, avec un rayon de 30m minimum sans aucun obstacle pour pouvoir produire de l’énergie.

Les éoliennes intelligentes

La société italienne ENESSERE cherche aujourd’hui à lutter contre ces préjugés pour faire du vent une source viable d’énergie propre. Leur stratégie : faire travailler ensemble ingénieurs, designers et maitres-artisans. Ils ont ainsi développé ensemble une éolienne fonctionnelle pour lutter contre la philosophie « not in my backyard » (NIMBY), à savoir : « L’énergie éolienne, c’est très bien, mais s’il vous plaît pas chez moi. »

De petite taille, pales contournées de bois de cèdre… ces éoliennes visent essentiellement les propriétaires de maison, leur esthétique en bois naturel étant particulièrement compatible avec les aménagements paysagers. Les éoliennes ENESSERE ont été dessinées pour pouvoir capturer le vent depuis n’importe quelle direction et pour générer assez d’énergie pour la maison d’une famille moyenne sur une année.

Des développements sont également en cours pour rendre ces éoliennes intelligentes : elles pourront ainsi apprendre les tendances locales du vent et ainsi prédire les périodes de mise en activité optimales mais aussi la mise en veille lorsqu’il n’y a pas d’activité éolienne. Les éoliennes Hercules d’ENESSERE sont disponibles seulement en Italie pour le moment mais leur production devrait s’étendre à d’autres pays dans l’année. En abordant la technologie avec une perspective design, l’entreprise pourrait rendre cette source d’énergie alternative attirante pour des familles ou des entreprises.

Des Français sur le marché

eolie 500

En France, Renaud Hesnard, 36 ans et ancien salarié d’Alstom, a également voulu améliorer la manière dont l’énergie était produite et consommée en France. Il décide en 2011 de concevoir une éolienne de 4,5 mètres de haut, qu’il est possible de mettre en place en une heure et qui se branche simplement sur une prise électrique. Eolie 500 permet de produire 500 watts à partir de 40 km/h de vent, ce qui permet une consommation moyenne d’un particulier (réfrigérateur, TV, etc.) et le réseau produit le surplus de courant nécessaire, payé par le consommateur. Il n’y a pas de vente de l’électricité produite à EDF car l’idée est de produire soi-même l’énergie dont on a besoin. Eolie 500 est prévue pour générer 20 mégawatts sur trente ans et coûte 3 790 euros (coût amorti sur environ 15 ans).

Le fondateur estime que le marché à 10 000 machines sur cinq ans en France, car 20% du territoire est adapté à ce type d’énergie. Il espère donc pouvoir développer son entreprise, dont le site est aujourd’hui dimensionné pour une production de 30 éoliennes par mois, sur le marché français mais aussi au Royaume-Uni et en Belgique, où près de 100% du territoire est concerné.

Le secteur commence également à devenir plus médiatique, notamment suite à l’annonce d’Arnaud Montebourg, début octobre, de son alliance avec Jérôme Michaud-Larivière, fondateur de New Wind. Cette start-up bretonne fabrique des arbres en acier, dont chaque feuille est une mini-éolienne. Chacun de ses « arbres » peut alimenter 25 lampadaires ou un foyer de quatre personnes (hors chauffage). Convaincu, l’ancien ministre a décidé d’investir 56 000 euros dans cette entreprise et est devenu président du conseil de surveillance. Il sera ainsi chargé de trouver des investisseurs supplémentaires.

Deux prototypes ont déjà été achetés par le groupe ENGIE pour être exposé à l’entrée du site d’accueil de la COP 21, de quoi donner une nouvelle visibilité à ces arbres « branchés » !




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