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Le MIMA : un musée iconoclaste à Bruxelles




Depuis le 15 avril dernier, la culture 2.0 a son musée, le MIMA (Millenium Iconoclast Museum of Art). Ainsi les nouveaux artistes de la génération internet, qui participent et influencent la société contemporaine, ont désormais leur lieu. Le MIMA est un musée sans tabous qui s’intéresse pêle-mêle aux cultures musicales punk, électro ou hip hop, au graphisme, aux sports urbains comme le skateboard , aux arts plastiques, en passant par la BD, le tatouage, sans oublier bien-sûr le graff et le street-art.

Projet unique en Europe, ce musée hors norme a été créé par Raphaël Cruyt et Alice van den Abeele, de la galerie bruxelloise Alice, en collaboration avec le couple d’entrepreneurs Florence et Michel de Launoit.

Le MIMA est situé quai du Hainaut dans un bâtiment en briques rouges emblématique de l’architecture belge, dans les locaux des anciennes brasseries Belle-Vue, le long du canal dans le quartier de Molenbeek.

Le choix de ce quartier populaire n’est pas dû au hasard. Ce projet, qui repose sur une vision politique et contextuelle de l’art, fait en effet partie du plan canal de la Région visant à renforcer la mixité du quartier.

Cinq artistes new-yorkais de renom pour le MIMA

Le musée s’étend sur 1.300 m² répartis sur quatre étages, avec huit salles d’exposition au total. Le premier, deuxième et troisième étage sont consacrés aux expositions temporaires et à la collection du musée, qui comptera à terme une quarantaine d’œuvres prêtées par un groupe de mécènes, parmi lesquelles l’on retrouvera les artistes Barry McGee, Blu, Parra, Banksy, Invader, entre autres. Tout en haut, depuis le toit-terrasse qui surplombe le bâtiment, se révèle une vue imprenable sur la ville.

Pour inaugurer son nouvel espace, le MIMA accueille cinq artiste new-yorkais réputés au sein de sa première exposition temporaire, « City Lights », une exposition impressionnante et énergisante. On y découvre au cœur de la première salle une gigantesque roue de prière, recouverte d’images et de textes publicitaires. L’œuvre du duo Faile questionne sur le contraste entre une société hyper matérialiste avec sa culture de la consommation, et l’émergence croissante d’un désir de spiritualité.

Un lieu d’échange et de questionnement

L’artiste Momo, dont c’est la première exposition dans un musée, a créé pour l’occasion une gigantesque peinture murale où les couleurs croisent des formes géométriques, constituant un ensemble plein de vie et de mouvement.

Avec Maya Hayuk c’est encore la couleur et la géométrie qui sont à l’honneur. Cette fois-ci l’effet est donné par la lumière, diffusée par un jeu de néons colorés qui éclairent la salle d’un flamboiement joyeux. Au sous-sol enfin, l’artiste Swoon inscrit ses œuvres sur de vastes découpages de filigranes posés à même les murs de briques brutes. Avec ces silhouettes de personnages géantes ou ses formes géométriques, la street-artiste rend hommage à la culture du graffiti.

Le MIMA vise 30 000 visiteurs la première année, et 50 000 par la suite. Ne bénéficiant pas pour le moment d’aides publiques, il vivra des entrées, de sa boutique, de la location de salles et du soutien d’ « amis du musée ». Le MIMA a pour ambition d’être un lieu de débat, d’échange, et de questionnement sur notre société. Il prévoit ainsi l’organisation d’activités éducatives pour des groupes scolaires ou associations, des échanges avec le milieu universitaire, les autres musées.

Il sera intéressant de suivre l’évolution de ce musée iconoclaste, résolument ouvert à toutes expressions artistiques urbaines, dans une conception de l’art non limitative.

Les infos : http://www.mimamuseum.eu




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