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Les métiers qui redynamisent le bâtiment




Le secteur du bâtiment est en pleine mutation. En crise depuis plusieurs années, avec notamment une réduction importante des emplois ouvriers liés à la construction, c’est une révolution qui voit désormais le jour avec l’apparition de nouveaux métiers liés à de nouvelles compétences et aux nouvelles technologies, ainsi qu’aux enjeux environnementaux. Les nouvelles normes écologiques et réglementaires donnent en effet lieu à de profonds changements dans l’industrie. Zoom sur les nouveaux métiers et compétences qui révolutionnent le secteur de bâtiment et son marché de l’emploi.

Une croissance à la peine, mais une certaine résistance à la crise

Depuis les années 90, le secteur du bâtiment marche en dent de scie. La grande crise immobilière apparue à la fin du siècle dernier avait profondément affecté le secteur de la construction. Les ventes immobilières sont au plus bas, et les chantiers au point mort. Ainsi, entre 1990 et 1998, le secteur du bâtiment connait une réduction considérable des effectifs, mais au début des années 2000, l’industrie renoue avec la croissance, profitant d’une conjoncture économique favorable. Celle-ci perdure durant plusieurs années, créant 150 000 emplois en 2006, et affichant une croissance de près de 10 %.

En 2008, alors qu’une nouvelle crise de grande ampleur fait rage, le bâtiment connaît un nouveau ralentissement de sa croissance mais celui-ci est plus tardif et résiste plutôt bien par rapport aux autres secteurs de l’économie nationale, parvenant à garder une activité stable et même un taux d’emploi en légère progression fin 2008 (+0,9 %). C’est en 2009 que le bâtiment subit de plein fouet la crise avec un recul d’activité de près de 8 %.

Un secteur redynamisé par de nouvelles compétences et réglementations

Aujourd’hui, le secteur ne se porte pas tellement mieux. Depuis 2008, près de 40 000 emplois ont été supprimés, et selon le FNTP (Fédération nationale des travaux publics), les effectifs ouvriers dans le BTP ont diminué de 3,4 % en 2015 et 2016. Selon l’INSEE, 3500 emplois ont été détruits au second semestre de l’année. Mais si, globalement, l’ensemble du secteur semble souffrir, certaines niches sont en pleine mutation et se développent considérablement, profitant d’un renouveau dans le secteur du bâtiment avec l’introduction de nouvelles technologies et réglementations.

C’est le cas du bâtiment dit « intelligent », un secteur qui a besoin de s’ouvrir à des compétences plus larges, porteuses d’avenir et surtout, d’emplois, afin de moderniser le secteur. Ainsi, de nouveaux métiers aux compétences multiples viennent diversifier le BTP qui va désormais mêler construction, informatique, énergie ou Big data. Les nouvelles technologies et compétences liées au bâtiment sont également nécessaires pour s’accorder aux nouvelles normes environnementales et énergétiques, ainsi que réglementaires comme la réglementation thermique 2012 (RT 2012).

Ces nouvelles capacités, liées à la numérisation et la robotisation du secteur, vont booster l’économie du BTP, et donner de nouveaux atouts à la construction de bâtiments connectés.

Les nouveaux métiers qui diversifient l’industrie

Ainsi sont apparus sur les chantiers de nouvelles acteurs comme le coordinateur bâtiment basse consommation qui donnent un nouveau visage au l’industrie du bâtiment. Ce poste qui est créé pour faire face aux enjeux des réglementations de la RT 2012. Il est le garant de la performance énergétique des bâtiments « basse consommation ». Il doit, entre autres, opérer une simulation conceptuelle des performances énergétiques, contrôler les détails techniques sur les chantiers et s’assure du contrôle et de l’amélioration des performances énergétiques.

Autre profession : le conseiller espace info-énergie. Ce dernier est chargé du développement des énergies renouvelables dans les habitations. Il est à la fois technicien, informateur et éducateur. Il apprend et sensibilise le public sur la maîtrise de l’énergie dans l’habitation.

L’ouvrier itéiste n’est, quant à lui, pas un nouveau statut à proprement parler mais plutôt une évolution du métier de peintre en bâtiment ou plaquiste. Il est chargé de la pose des panneaux d’isolant sur les façades des immeubles. Son rôle est d’optimiser l’isolation thermique par l’extérieur en ajoutant aux façades une plaque d’isolant ou autre nouveau matériau.

Le BTP recrute également désormais de nombreux postes dans l’informatique, comme des infographistes ou des développeurs Web qui vont se charger de conférer aux bâtiments un aspect « connecté » en proposant des applications visant à améliorer la relation client, gérer la visibilité des entreprises du secteur sur les réseaux sociaux, ou développer des extranets privés ou bien encore des visite virtuelles des projets immobiliers à venir.

L’ambitieuse RT 2012 pose des objectifs d’efficacité énergétique rigoureux qui imposent des normes élevées. Pour y parvenir efficacement, ces nouveaux métiers du bâtiment vont donc jouer un rôle primordial, et les entreprises du secteur de la construction doivent également s’adapter. Ce nouveau train de la modernité dans le secteur du BTP représente en tout cas un plus pour l’emploi dans l’industrie. En effet, ce ne sont pas moins de 5000 nouveaux emplois qui ont déjà été créés pour répondre à ces nouveaux besoins, et ce chiffre devrait évidemment fortement progresser dans les années à venir.




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