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Heidelberg : construction durable sur les vestiges des énergies fossiles




La ville d’Heidelberg en Allemagne a rendu public le résultat du concours visant à redessiner un parc d’énergie auparavant destiné au stockage de gaz. Le projet vainqueur, élaboré par le cabinet LAVA (Laboratory for Visionary Architecture), propose un recyclage urbain inventif. Futur symbole de la ville et de la transition énergétique, cette sculpture dynamique de 56 mètres de haut sera un centre de connaissance sur les énergies durables et un pont entre le passé et le futur.

Une enveloppe extérieure habillera le centre de stockage de forme cylindrique. La façade du projet dessinée par LAVA s’inspire librement de formes communément présentes dans la nature comme les feuilles d’arbres, la peau des serpents ou encore les toiles d’araignées. Le cabinet d’architecte veut donner au visiteur une impression de mouvement. L’aspect extérieur de la sculpture évoluera ainsi en permanence au gré du vent et en fonction des jeux d’ombre et de lumière.

Un lieu d’information sur la transition énergétique

Une coque intérieure peinte avec différentes nuances de bleu couvre la structure et des anneaux elliptiques inclinés progressant sur toute la hauteur de la façade entourent le cylindre. LAVA veut ainsi représenter une boucle d’énergie. Un réseau de câbles auxquels sont attachés 20.000 plaques d’acier inoxydables habillent la façade extérieure. Ces formes à l’allure de diamant peuvent pivoter de 90 degrés. La nuit, le bâtiment sera illuminé par des LED aux couleurs bleues, vertes et blanches.

Les visiteurs pourront accéder en haut de ce qui sera bâtiment le plus haut de la ville par des ascenseurs ou par des escaliers suivants les ellipses autour de la structure. Ils pourront ainsi profiter d’une vue panoramique sur Heidelberg et sa région. Une fois au sommet, ils pourront profiter d’une vaste terrasse, d’un restaurant et de différentes salles d’exposition. Tout au long de leur parcours, ils seront sensibilisés aux enjeux de la transition énergétique.

Une architecture toujours plus écologique, conviviale et sociale

En sélectionnant LAVA pour ce projet de rénovation, la ville d’Heidelberg a privilégié une architecture écologique, conviviale et sociale. Le cabinet allemand se singularise par son approche innovante s’inspirant de la nature, ce qui n’a pas échappé aux professionnels. LAVA a reçu en septembre dernier l’European Prize for Architecture ; un prix qui récompense annuellement le cabinet qui a le plus contribué à la réalisation d’une architecture plus humaine et respectueuse de l’humanisme européen.

LAVA mène un projet à la philosophie similaire à Hangzhou  en Chine, Les Zhejiang Gate Towers, dont la construction démarrera, à l’instar de celle de la tour d’Heidelberg, en 2017. Ces tours jumelles ont été imaginées pour répondre aux critères de certification LEED Gold. Elles arborent des lignes fluides, des formes incurvées et des bordures offrant une vision différente selon le lieu depuis lequel on regarde les deux gratte-ciels.

Intégré dans une stratégie d’urbanisme durable

La ville d’Heidelberg semble avoir pris le chemin d’un urbanisme durable. Un éco-quartier y verra le jour dans le même délai que le parc énergétique. Le Heidelberg Village se veut être le plus grand complexe passif au monde. Ce quartier grand comme le Vatican intégrera de l’énergie solaire, de la peinture antipollution capable de transformer les oxydes d’azote en oxygène, de la végétalisation et proposera un modèle de mixité sociale inédit.

Le projet de recyclage urbain mené par LAVA et la ville d’Heidelberg illustre la prise en compte des enjeux écologiques et sociétaux par les pouvoirs publics et les professionnels. Il apporte une réponse intelligente à un problème parfois difficile à régler qui est celui de la réhabilitation d’infrastructures obsolètes et non tournées vers l’avenir. Un instrument de la politique énergétique de l’après-guerre aura ainsi été transformé en un symbole fort des énergies renouvelables.




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