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Gueorgui Pinkhassov : un photographe dans le métro




Comment traduire le mouvement à travers une image statique ? Comment rendre compte de la mobilité de toute une population urbaine en un cliché ? Le photographe franco-russe Gueorgui Pinkhassov a trouvé la solution. Il a parcouru 5 villes du monde, à la demande de la RATP, et est revenu en France avec ses visions de la mobilité urbaine. C’est ainsi que durant l’été 2014, les voyageurs parisiens ont pu admirer les photographies réalisées par le professionnel de l’agence Magnum Photos dans de nombreuses stations de métro. Et un ouvrage avec toutes les images du projet a été publié en mars 2015.

JeffMan« Un nouveau regard sur la mobilité urbaine », voici le titre du projet artistique initié par la RATP. Comment apporter un nouveau regard sur le mouvement, sur les mouvements dans les villes ? Un nouveau regard, c’est donc une nouvelle personne, un nouvel artiste. Ce n’est, en effet, pas la première fois que la RATP demande à des artistes de partager leur vision du monde et des transports. Pierre Mongin, alors directeur général de la RATP rappelait que la photographie est un art populaire et qu’à travers lui peut se construire une nouvelle forme de dialogue avec les usagers des transports. C’est ainsi qu’en 2014, la régie des transports parisiens a demandé à un professionnel, membre de l’agence Magnum Photos, Gueorgui Pinkhassov, de réaliser une série de clichés représentant sa vision de la mobilité urbaine.

Gueorgui Pinkhassov : de Moscou à Paris

gueorgui-pinkhassov_2Ce photographe, né en Russie en 1952, a toujours beaucoup voyagé. Après ses premiers projets à Moscou, il s’installe à Paris au début des années 80. C’est en 1988 qu’il intègre l’agence Magnum Photos et commence à travailler avec la presse internationale. Son style est particulier, proche de l’abstraction. Ses clichés ne relèvent pas de la réalité froide de l’actualité ou des grands événements mais mettent en scène son regard sur le monde. Regard qu’il porte aujourd’hui sur les transports et l’idée de mobilité urbaine dans le cadre de ce projet imaginé par la RATP dans 5 villes du monde.

« C’est le symbole de la liberté. » Voilà comment le photographe, 1er prix du World Press Photo en 1994, définit les voyages et les transports. Cette liberté a toutefois été guidée. En effet, Gueorgui Pinkhassov a été invité à parcourir, pendant un mois, des villes dans lesquelles la RATP est implantée : Florence, Séoul, Paris, Casablanca et Londres. Sa mission : retranscrire l’idée de mobilité urbaine en 40 clichés. Ces photographies ont ensuite été exposées durant l’été 2014 dans différentes stations du métro parisien. Et l’année suivante, en mars 2015, est publié un ouvrage regroupant ces clichés uniques additionnés de vingt autres photographies jamais exposées. Intitulé « Un nouveau regard sur la mobilité urbaine », il est publié aux éditions La Martinière.

Photographier la liberté

Comment exprimer en photographie, donc en image statique, la mobilité dans les villes ? Comment immortaliser le mouvement ? Comment rendre compte de cette liberté ? Le photographe a dû faire face certainement à ces interrogations. C’est son regard que l’on imagine et qu’il transmet lorsqu’il photographie ces villes en mouvement. Ainsi, par des jeux de transparence, avec des effets de miroir et de superposition, Gueorgui Pinkhassov évoque la mobilité, son regard sur la mobilité. Avec des touches de couleur, des silhouettes, il capte la présence des passagers, des citoyens. La lumière, quant à elle, offre une mise en scène unique à chaque cité.

Un nouveau regard sur la mobilité urbaine…une invitation au voyage

C’est ainsi que la RATP rappelle qu’elle est à l’initiative de tous les voyages, dans ses trains, dans ses tramways mais aussi sur ses quais. L’invitation au voyage dans le métro continue. En effet, de juin à octobre 2015, c’est un autre photographe de l’agence Magnum Photos, Bruce Gilden, qui expose ses images prises à Hong Kong, Johannesburg, Manchester, New York et Paris. Histoire de voyager dans la ville en voyageant dans le même temps toujours plus loin vers d’autres métropoles.




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